Au début du mois de mai, la Birmanie a été violemment touchée par un cyclone qui a ravagé essentiellement le delta de l’Irrawaddy, c’est-à-dire la zone rizicole la plus importante du pays. Suite à cette catastrophe, les grandes ONGs internationales ont mobilisé d’importants moyens et une aide humanitaire de masse a rapidement été mise sur pied. Cette aide ponctuelle se révèle relativement efficace, en dépit des difficultés d’acheminement des vivres liées à la mainmise de la junte militaire sur les voies de communication.
Cet aspect de la question, qui requiert d’importants moyens logistiques et financiers, ne nous concerne pas directement. En revanche, nous avons la chance d’avoir sur place un contact de confiance, ce qui nous permet de contourner les deux principaux problèmes liés à la junte militaire : d’une part, l’accès aux zones sinistrées est très limité, en particulier pour les Occidentaux, mais nos contacts birmans se sont rendus déjà plusieurs fois sur les lieux pour amener médicaments, vêtements et nourriture dans certains villages auxquels ils ont accès, par minibus ou par bateau. D’autre part, nous avons les moyens de remettre de l’argent à nos partenaires directement, ce qui évite que le moindre centime soit perçu par les militaires au pouvoir. Nous pouvons ainsi nous porter garants de l’utilisation complète des sommes engagées dans une aide directe.
Cette aide, nos principes de toujours nous portent à l’envisager comme un appui à la reconstruction du pays plutôt que comme un apport ponctuel de vivres. Ainsi, notre premier objectif est de permettre de relancer les cultures dévastées. Si nous pouvons estimer (ce qui n’est malheureusement pas tout à fait exact) que l’aide humanitaire internationale permet aux populations de survivre dans l’immédiat, il n’en reste pas moins que si nous ne les aidons pas à semer du riz, c’est au moment de la récolte qu’une famine est à craindre – et à ce moment, la mobilisation internationale post-catastrophe se sera retirée.
Or, nous sommes aujourd’hui en pleine période du semis : il est donc urgent de réagir. Une première somme d’un peu plus de 20’000.- SFr a déjà été transmise sur place. La perspective est d’offrir des semences de riz aux paysans des régions dévastées. Mais d’une part, il faut trouver une variété de riz qui résiste à l’eau salée, puisque les terres sont actuellement irriguées par de l’eau de mer. Et d’autre part, il faut donner aux paysans les moyens de préparer la terre au semis : la plupart des bêtes de somme ont péri dans le cyclone, et il faut que nous achetions des bœufs ou des motoculteurs et que nous les acheminions sur place.
Dans un second temps, nous envisagerons des actions de reconstruction matérielle, par exemple en finançant la reconstruction d’écoles ou d’autres bâtiments détruits.